Guide complet
Sécuriser son commerce : protections, alarme, aides gratuites
Sécuriser son commerce contre le cambriolage : diagnostic gratuit de la police, rideau, alarme et télésurveillance pro, exigences de l’assureur.
- Auteur
- Par Vincent
- Mis à jour le
- Temps de lecture
- 6 min de lecture
Un commerce cumule les risques : marchandise visible, caisse, local vide la nuit. En 2025, 61 300 cambriolages de locaux industriels, commerciaux ou financiers ont été enregistrés en France, selon le service statistique du ministère de l’Intérieur. Le chiffre baisse, de 9 % en un an, mais reste élevé.
Ce guide passe en revue les protections dans l’ordre où les mettre en place : un diagnostic gratuit, les protections physiques, l’alarme, puis la vidéo.
Commencer par un diagnostic gratuit
Avant d’acheter quoi que ce soit, faites évaluer votre local.
- Le référent sûreté. La police et la gendarmerie disposent de référents sûreté, formés à repérer les points faibles d’un bâtiment. Leur intervention est gratuite et sans obligation. Ils peuvent vous conseiller lors d’un échange ou réaliser un diagnostic sur place, sur demande écrite. Ils ne recommandent aucun prestataire.
- L’Opération tranquillité entreprises et commerces. Sur inscription gratuite auprès de la brigade de gendarmerie ou du commissariat, les patrouilles surveillent votre commerce pendant vos fermetures ou lors d’événements exceptionnels. Le dispositif et ses modalités varient selon les départements.
Contactez votre commissariat ou votre brigade de gendarmerie pour connaître le référent sûreté de votre secteur.
Protéger la vitrine et les accès
La vitrine et la porte d’entrée sont les premiers points à protéger. Les protections mécaniques retardent l’intrusion.
- Le rideau métallique reste la protection la plus courante. Micro-perforé ou en grille cobra, il protège la vitrine tout en la laissant visible. Comptez de 900 à 4 000 € posé selon le modèle : voir notre guide sur le prix d’un rideau métallique.
- Le vitrage retardateur d’effraction est une alternative quand un rideau n’est pas possible. Il résiste plus longtemps aux coups.
- La serrure et la porte doivent être au niveau du reste : une serrure de qualité, avec un cylindre protégé contre l’arrachement.
Installer une alarme reliée à une télésurveillance
Une alarme seule fait fuir l’intrus et vous prévient. Reliée à une télésurveillance, elle déclenche aussi une vérification par un opérateur, puis l’envoi d’un agent ou l’appel aux forces de l’ordre.
Les grands opérateurs ont des offres dédiées aux professionnels. Voici les tarifs publiés.
| Offre | Abonnement | Mise en service | Engagement |
|---|---|---|---|
| Homiris Pro Essentiel | à partir de 32 € HT/mois | 150 € HT | 12 mois |
| Homiris Pro Intégral | à partir de 41 € HT/mois | 150 € HT | 12 mois |
| Nexecur (Crédit Agricole) | à partir de 45 €/mois | non publié | non publié |
| Verisure Pro | non publié | à partir de 199 € HT avec remise | 36 mois |
Tarifs relevés le 21 octobre 2026. Ceux d’Homiris Pro datent du 1er juillet 2024. Selon sa grille tarifaire, Homiris facture une intervention d’agent 89,90 € HT et le secours GSM 3 € HT par mois.
Pour comparer les offres grand public de ces opérateurs, voir notre comparatif Verisure ou Homiris.
Ce que regarde votre assureur
Votre contrat d’assurance multirisque fixe souvent un niveau de protection minimal pour couvrir le vol. Un exemple de contrat professionnel, chez Generali, distingue sept niveaux : d’un simple point de fermeture jusqu’à une alarme reliée à une télésurveillance, combinée à des protections mécaniques.
Dans ce contrat, si un vol est facilité par une protection exigée mais absente, l’indemnité est réduite de moitié. Relisez vos conditions particulières avant de choisir votre équipement.
Deux repères reviennent souvent dans les exigences des assureurs :
- NF&A2P, une certification du matériel d’alarme, notée de 1 à 3 boucliers selon le niveau de résistance ;
- APSAD, des règles et certifications du CNPP pour l’installation des alarmes et pour les centres de télésurveillance.
Demandez à l’installateur de vous remettre les certificats correspondants : l’assureur peut les réclamer après un sinistre.
La vidéosurveillance
Une caméra dans un commerce filme des clients et, souvent, des salariés. Les règles changent selon la zone filmée.
Les zones réservées au personnel
Une réserve, un bureau ou un local fermé au public ne demandent pas d’autorisation préfectorale. Depuis le RGPD, aucune déclaration à la CNIL n’est nécessaire : le dispositif doit simplement être inscrit au registre des traitements de données de l’entreprise.
Les zones ouvertes au public
Entrée, surface de vente, caisses : filmer ces zones demande une autorisation du préfet, ou du préfet de police à Paris. La demande se fait avec le formulaire Cerfa n° 13806. Selon le ministère de l’Intérieur, la préfecture dispose de quatre mois pour répondre à compter du récépissé d’un dossier complet. L’autorisation est valable cinq ans et renouvelable.
Sans autorisation, le préfet peut ordonner la fermeture provisoire de l’établissement.
La voie publique devant le commerce
Un commerçant peut filmer les abords immédiats de son local, sur la voie publique, s’il est situé dans un lieu exposé à des risques d’agression, de vol ou de terrorisme. Il faut une autorisation préfectorale et informer le maire. Les caméras ne doivent pas filmer les entrées ni l’intérieur des immeubles d’habitation.
Ce qui est interdit
Aucune caméra dans les cabines d’essayage, les toilettes, ni dans les zones de pause ou de repos des salariés, selon la CNIL.
Informer le public
Un panneau doit être affiché en permanence dans les zones filmées. Il porte un pictogramme de caméra, le nom et le téléphone du responsable du dispositif, la finalité de la surveillance et la façon de demander l’accès aux images.
Conserver les images
Les images se conservent en principe un mois au maximum, puis sont détruites. Une conservation plus longue est possible en cas d’enquête ou de procédure judiciaire. Toute personne filmée peut demander à voir les images la concernant.
Informer les salariés
- Chaque salarié doit être informé avant l’installation. Le Code du travail interdit de collecter des informations sur un salarié par un dispositif qu’il ne connaît pas (article L1222-4). Une note de service ou un avenant au contrat laisse une trace écrite.
- Les représentants du personnel, s’il y en a, doivent être informés et consultés avant l’installation, selon la CNIL.
- Les caméras ne doivent pas surveiller le travail en permanence. La CNIL recommande par exemple de filmer la caisse plutôt que le caissier.
Les bons réflexes au quotidien
- Videz la caisse le soir et laissez le tiroir ouvert, visible de l’extérieur.
- Ne laissez pas de marchandise de valeur en vitrine pendant la fermeture.
- Éclairez l’intérieur la nuit pour rendre toute présence visible depuis la rue.
- Changez les codes et récupérez les clés au départ d’un salarié.
Questions fréquentes
Le diagnostic sûreté de la police ou de la gendarmerie est-il payant ?
Non. Les référents sûreté de la police et de la gendarmerie interviennent gratuitement et sans obligation auprès des commerçants. Ils conseillent sur les points faibles du local et ne recommandent aucun prestataire.
Combien coûte une télésurveillance pour un commerce ?
Les offres professionnelles démarrent autour de 32 à 45 € HT par mois, hors frais de mise en service et options, selon les tarifs publiés par Homiris Pro et Nexecur. Verisure ne publie pas son tarif d’abonnement professionnel.
Quelle alarme mon assureur exige-t-il ?
Cela dépend de votre contrat et de votre activité. Les contrats multirisques professionnels fixent souvent un niveau de protection minimal, qui peut imposer une alarme certifiée NF&A2P ou reliée à une télésurveillance. Relisez les conditions particulières : si la protection exigée manque, l’indemnité peut être réduite.
Sources
- SSMSI : Insécurité et délinquance en 2025, bilan statistique, édition 2026www.interieur.gouv.fr
- Ministère de l’Intérieur : le référent sûretéwww.masecurite.interieur.gouv.fr
- Préfecture de la Lozère : Opération tranquillité entreprises et commerceswww.lozere.gouv.fr
- Verisure : alarme professionnellewww.verisure.fr
- Crédit Mutuel : alarme Homiris Prowww.creditmutuel.fr
- Homiris : tarifs professionnelswww.homiris.fr
- Nexecur : sécurité commerce et artisanatpro.nexecur.fr
- CNPP : certification APSAD des télésurveilleurswww.cnpp.com
- Service-public : caméras de surveillance dans les lieux publics (vérifié le 6 janvier 2026)www.service-public.gouv.fr
- CNIL : la vidéosurveillance dans les commerceswww.cnil.fr
- CNIL : la vidéosurveillance au travailwww.cnil.fr
- Code de la sécurité intérieure, article L252-4 (Légifrance)www.legifrance.gouv.fr
- Formulaire Cerfa n° 13806 : demande d’autorisation de vidéoprotectionwww.formulaires.service-public.gouv.fr